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En décembre 1980, les autorités de la ville de Berlin-Ouest décident de mettre un terme aux occupations d'universités et aux squats. C'est dans ce contexte que des activistes ont eu recours pour la première fois à la tactique du « black bloc ». L'invention du terme (schwarzer Block) est du reste attribuée à la police allemande1. Des « Autonomes » vêtus et masqués de noir sont descendus dans la rue affronter les forces de l'ordre venues les expulser.
Un black bloc de 1500 « Autonomes » se forme à Hambourg, en 1986, pour défendre le squat Hafenstrasse.
Apparition de « black blocs » à l'occasion de la présence du président américain Ronald Reagan à Berlin-Ouest, en juin 1987.
En septembre 1988, à Berlin-Ouest, un « black bloc » affronte les forces de l'ordre au cours d'une manifestation contre la réunion de la Banque mondiale et du FMI.
En 1991 à l'occasion d'une manifestation anti-guerre du Golfe à Washington, Le premier Bloc Noir américain fracasse les vitres de la Banque mondiale.
En 1992, à San Francisco, un gros Black Bloc se forme pour les 500 ans de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, manifestant contre les années de génocides perpétrées sur les Premières Nations.
Le 24 avril 1999, environ 2000 manifestants Black Blocs sont mobilisés pour soutenir Mumia Abu Jamal dans une lutte pacifique avec d'autres organisations anti-autoritaires et d'extrême gauche au sein du collectif Millions for Mumia.
Congrès de l’OMC à Seattle en novembre 1999. Un bloc noir d’environ 200 activistes saccage des vitrines de banques et de commerces, et pille des magasins, causant 7 millions de dollars de dommages. Des slogans sont tagués sur les murs et le mobilier urbain est brûlé. Une Zone autonome temporaire fortifiée par des barricades est constituée pendant quelques heures. Cette date est plus connue sous le nom de "Bataille de Seattle".
Les 16 et 17 avril 2000, à Washington, se tint une réunion du FMI et de la Banque mondiale. Un bloc noir composé d'environ 1 000 révolutionnaires anti-capitalistes y fut présent, optant cependant pour une tactique résolument différente de celle mise en pratique à Seattle. Le bloc noir concentra tous ses efforts sur la police, faisant reculer leurs lignes à plusieurs reprises, forçant les barrages policiers, relâchant des personnes arrêtées, entraînant la police au-delà de son propre périmètre et défendant les militants pratiquant la désobéissance civile contre les interventions policières, leur permettant ainsi d’aller plus loin2.
En 2000, divers Black Blocs se constituent en marge des conventions républicaine (1er juin 2000 à Philadelphie) et démocrate. Les incidents sont de faible gravité.
Les 25 et 26 septembre 2000, un important Black Bloc a lieu à Prague à l'occasion de la réunion du FMI. Quelque 3000 anarchistes et autres autonomes se heurtent à la police tchèque. Les affrontements sont très violents et la répression est féroce.
En avril 2001 des membres d'un Black Bloc sont associés à l'agression d'un policier lors d'une marche pacifique dans les rues de la ville de Québec. La population locale et plusieurs manifestants se dissocient du groupe dont ils trouvent les méthodes trop extrêmes.
En juin 2001, un important Black Bloc se forme à Göteborg contre le sommet de l'Union européenne. Toute une rue de la ville est dévastée. La police ouvre le feu sur la foule et blesse grièvement un des manifestants.
Présence d'un Black Bloc au G8 en Angleterre en 20053
G8 à Gênes les 20 et 21 juillet 2001. Des banques, agences immobilières, concessionnaires automobiles, stations d'essence, agences de voyages, panneaux publicitaires sont détruits. Lors de violents affrontements entre manifestants (regroupant des participants au Black Bloc et de nombreux autres manifestants) et la police, Carlo Giuliani, un manifestant italien, est abattu d'une balle dans la tête par un policier. Un rapport de police affirmera que la balle tirée en l'air par le policier a été déviée par un pavé lancé par un manifestant. Une photographie prise une seconde avant que le carabinier ne tire montre l'arme du policier pointée en direction du jeune homme armé d'un extincteur. De plus, des vidéos amateurs montrent que la voiture de police dans laquelle était installé le carabinier, roule plusieurs fois, dans un mouvement d'avant en arrière, sur le corps de Carlo, ne lui laissant aucune chance de survie4.
G8 à Évian, les 1er, 2 et 3 juin 2003. Manifestations à Genève et Lausanne. De nombreux commerces ferment de crainte d'incidents comparables à ceux de Gênes. Sur le parcours de la manifestation Genève-Annemasse, une station d'essence est détruite par les participants d'un Black Bloc. Le mouvement du Black Bloc se voit alors fortement critiqué par les pacifistes, mais aussi par d'autres membres du Black Bloc qui considèrent que certains types de destruction sont contre-productifs et discréditent des idéologies comme l'anarchisme.
G8 à Heiligendamm (Allemagne), début juin 2007. Un Black Bloc d'environ 5000 personnes se forme lors d'une grande manifestation contre le G8 et donne lieu à des affrontements violents avec la police (Plusieurs centaines de blessés des deux côtés).
Sommet de l'OTAN à Strasbourg (3 et 4 avril 2009) : Un Black Bloc d'environ 2000 personnes se réunit au cours de la manifestation anti-OTAN. La douane, l'office du tourisme, un distributeur de billets, une pharmacie (par propagation du feu) et l'hôtel Ibis sont incendiés (une controverse a lieu au sujet de ce dernier incendie, des militants assurant que les manifestants se sont bien attaqués aux vitres et au mobilier mais que le feu a été déclenché par la police, via des tirs de grenades lacrymogènes depuis un hélicoptère)5. Une station essence, une agence de La Poste, des vitrines d'usines et 27 abris bus sont détruits, ainsi que des panneaux publicitaires, des caméras de vidéo-surveillance et un radar automatique. Une barricade est dressée à l'aide de wagons. Tandis que des policiers ont été filmés alors qu'ils caillassaient des manifestants pacifistes avec le ballast des voies ferrées6. Le montant des dégâts s'élève à plus de 100 millions d'euros tandis que 1500 personnes ont été blessées dont plus de 100 policiers et 13 pompiers. Cette date a été évoquée sous le nom de "Bataille du Rhin".
Poitiers (10 octobre 2009) : Un black bloc d'environ 250 personnes se réunit par surprise pendant une manifestation de protestation contre le transfert des 118 détenus de la maison d'arrêt (MA) de Poitiers au nouveau centre pénitentiaire (CP) de Vivonne. Une vingtaine de vitrines, des horodateurs ainsi que des cabines téléphoniques, des abris bus et des bollards ont été détruits ou arrachés. Un slogan (Omnia sunt communia, extrait de Vatican II) a également été peint sur le Baptistère Saint-Jean. Ce mouvement était attendu de façon pacifiste et avec une faible ampleur; la police, alors préparée pour 50 manifestants, s'est très vite retrouvée débordée7.
Genève (28 novembre 2009) : Un black bloc d'environ 200 personnes se réunit lors d'une manifestation anti-OMC (Organisation mondiale du commerce). Les individus ont détruit à coups de pics, de masses et de marteaux les vitrines de commerces de luxe, d'agences bancaires ainsi que celles d'un hôtel cossu du centre ville de Genève. Ils s'en seraient également pris aux voitures les plus luxueuses, en brûlant quatre par la même occasion. Quatorze individus auront été interpellés pour "émeute", ainsi que quatre autres pour "vol et émeute" ayant été retrouvés en possession de marchandises volées dans les vitrines8.
Copenhague (12 décembre 2009) : Un black bloc d'environ 300 personnes se réunit lors d'une manifestation contre la conférence internationale sur le climat. Des vitrines ont été brisées à l'aide de marteaux et de briques, un policier a été blessé et 4 voitures ont été incendiées. Retournant parmi les manifestants pacifiques pour éviter les arrestations et d'où ils émergeaient ponctuellement pour briser une vitrine. La police a arrêté plus de 400 manifestants issus des Black Blocs9.
Vancouver Des black Bloc s'invite et font un peu de casse10.
Toronto (26 juin 2010) : Un black bloc se réunit lors d'une manifestation contre le G20 organisée à Toronto. Quatre voitures de police ont été incendiées, d'autres véhicules ont été dégradés et de nombreuses vitrines de magasins appartenant à des chaînes multinationales ont été fracassées.
Rome (15 octobre 2011) : un black bloc se réunit lors de la manifestation des Indignés à Rome. Des vitrines de banques et de magasins ont été fracassées. Bilan : 135 blessés, dont 105 policiers11.
Montréal (1er mai 2012) : Un énorme, dans le contexte local, black bloc(1000-2000) se forme lors de la manifestation anti-capitaliste s'attaquant à une banque, quelques autres trucs et à la police.
Égypte (24 janvier 2013) : création d'un mouvement black bloc égyptien, qui lutte contre le gouvernement de Mohamed Morsi12.
Brésil (octobre 2013) : un black bloc se mêle au mouvement protestataire, se faisant notamment remarquer pour sa virulence et sa volonté d'affrontement pour se faire entendre des autorités13.
Nantes (22 février 2014) : en marge de la manifestation contre le projet d'aéroport à Notre-Dame des Landes (Loire-Atlantique) un black bloc de quelques centaines de personnes commet des dégradations et affronte violemment les forces de l'ordre, selon le ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Par la suite, celui-ci dénonce « cette ultragauche, ces Black Blocs, originaires de notre pays mais aussi de pays étrangers »14. La première estimation des dégâts réalisée par Nantes Métropole fait état d'un million d'euros.



Dernière modification le : 09/03/2014 @ 17:53
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